Pathologie : La periostite tibiale


Cette pathologie est bien connue du monde des coureurs, mais des sportifs en général.

En effet, toutes personnes pratiquant la course à pied, ou connaissant quelqu'un qui exerce cette discipline a déjà entendu parler de cette pathologie.

Mais de quoi s'agit-il exactement ?



Pathologie :

Il s'agit en fait d'une douleur localisée sur la face antéro-interne du tibia.

Cette douleur se manifeste en général lors d'effort de sauts, de sprints ou de course à pied.

Dans beaucoup de cas, le patient ne ressentira pas de douleurs lors de marche. Cependant, dans des stades avancés de la pathologie, le simple fait de marcher peut provoquer la douleur.

Parfois, le patient ne ressentira pas de douleur pendant l'effort, mais plutôt qelques minutes après l'arrêt de l'activité.


Que se passe-t-il vraiment ?

La périostite tibiale est trop souvent expliquée comme une inflammation du périoste tibial (fine membrane qui recouvre les os).

Cette hypothèse a, en effet, été la première hypothèse concernant cette pathologie. Cependant, elle n'est plus d'actualité.

En réalité, il s’agit d’un décollement de cette membrane périostée.

Ce décollement provoque des douleurs et souvent, une déminéralisation réactionnelle du périoste.




Origine :

Souvent, on met en cause une traction excessive des différents muscles s’y insérant (tibial postérieur ou long fléchisseur des orteils).

Mais parfois, il peut s’agir d’une fibrose entre ces deux muscles.

Cela peut provenir d’une augmentation soudaine de l’entraînement, de mauvaise chaussure, d’une reprise trop rapide de l’entraînement après une autre blessure,… ou d’une combinaison de plusieurs facteurs.


Traitement :

Comme nous venons de le voir, la périostite tibiale vient souvent d'une augmentation trop rapide de la charge d'entraînement et/ou de mauvais matériel d'entraînement.

Nous devrons donc attaquer le problème sous différents axes.


Premièrement, il sera important de modifier l'activité.

Vous constaterez que nous parlons de "modifier l'activité" et pas de mise au repos.

En effet, il est important de ramener la charge de travail à une charge optimal qui ne provoque pas ou très peu de douleur. Si par exemple courir 1h vous fait trop mal essayer d'aller courir 40 minutes, ou de vous mettre au vélo.

De telles manières, vous resterez actif, en bonne santé, et cela favorisera votre guérison (Cfr. https://www.physiorix.com/post/comment-optimiser-la-récupération-après-une-opération )


Deuxièmement, il sera intéressant de se pencher sur l'état de votre chaussure.

De fait, bien souvent, nous voyons des patients qui ont des chaussures de course bien trop usées.

Saviez-vous, qu'une chaussure de course à pied à une durée de vie de 1.000km ou d'une année de course à pied.

Après ce délai, la mousse contenue dans la semelle se dénature et vous ne tirez plus autant d'avantages de votre chaussure. Pire, elle peut même être l'origine de vos blessures.


Troisièmement, si après les deux premières étapes, la situation ne s'est toujours pas améliorée, il sera peut-être temps de penser au traitement kiné.

Le kinésithérapeute possède plusieurs techniques pouvant aider à diminuer les douleurs.

Il ne s'agira pas ici de reprendre l'ensemble des moyens à disposition des kinésithérapeutes, mais simplement de vous expliquer les plus fréquemment utilisés.


Parmi ces techniques, on retrouve les techniques manuelles.

A) Pressions

Il s'agit en effet, de pressions, dans le but de défibroser la zone atteinte. Le thérapeute devra donc appuyer sur la zone la plus douloureuse de votre périoste. L'intensité appliquée dépendra de chaque patient.

En effet, il s'agira d'appuyer à intensité maximale tolérable par le patient.

Ce qui signifie qu'après la séance, vous pourrez ressentir une douleur plus importante. Rassurez-vous, cela n'est que transitoire et, normalement, le kinésithérapeute ne devra pas effectuer ces pressions lors de chaque séance.


B) Crochetage

Cette technique est souvent connue du grand public comme un vrai instrument de torture.

Il est vrai que l'utilisation de crochets peut-être désagréable, mais le but est de décoller les adhérences myo-aponévrotiques (adhérence s'établissant entre les muscles ou entre les muscles et les aponévroses).

A l'aide de ses crochets, le kiné voudra également détendre les muscles s'insérant sur votre périoste. Rappelez-vous que la fibrose peut venir d'un excès de tension.


Le thérapeute dispose également d'autres techniques qui, elles, ne sont pas des techniques manuelles.

Lors de la prise en charge de la périostite tibiale, il est également important d'inclure des étirements de la chaîne musculaire postérieure et particulièrement du triceps sural (mollet).

Nous conseillons, pour cette pathologie, des étirements statiques. (cfr article sur les étirements : https://www.physiorix.com/post/les-étirements-musculaires-au-service-du-sport )


Enfin, le thérapeute vous proposera également un programme de renforcement. Il faudra cibler les muscles inverseurs du pied (ceux qui mettent les orteils vers le bas et l'intérieur). Ce programme aura pour but de renforcer les muscles intéressés, mais également de renforcer les insertions des tendons.

Le périoste pourra donc résister à plus de contraintes.


Il sera donc important de faire ces exercices d'étirements et de renforcement chez vous, à domicile.

Il s'agit d'un travail d'équipe entre vous et votre thérapeute. Il a beau faire le meilleur travail du monde, si vous ne suivez pas son planning, cela ne donnera que très peu de résultats.


L'arrêt du sport :

! SURTOUT PAS !

Il faudra probablement réduire ou modifier votre activité sportive, mais en aucun cas, il faudra arrêter complètement.

L'enjeu sera de trouver la charge d'entraînement optimal pour que vous puissiez continuer votre progression sans avoir de douleur.

En effet, il s'agit ici d'une pathologie de surcharge, dans ce cas, il sera nécessaire de diminuer la charge d'entraînement sans mettre de repos strict afin de maintenir une certaine contrainte sur les structures impliquées.


Les semelles :

Dans un premier temps, nous ne conseillons pas d'emblée la confection de semelles orthopédiques.

Effectivement, s'il s'agit de la première périostite, il se peut que votre constitution ne soit pas en cause. Il ne faut donc pas se précipiter chez le podologue.

Cependant, si le phénomène a tendance à devenir chronique (que chaque année les mêmes douleurs reviennent), il sera intéressant de faire une analyse posturale ainsi qu'une analyse marche chez un podologue.

A ce moment-là, la question des semelles sera abordée.

Les semelles auront pour but de corriger un mauvais positionnement du pied ou un défaut anatomique.


Conclusion :

La périostite tibiale est une pathologie de surcharge. Cela signifie qu'il faudra aborder le problème sous différents angles.

Premièrement, vérifiez que vos chaussures de sport soient toujours en bon état et qu'elles n'aient pas dépasser leur "durée de vie".

Deuxièmement, si ces douleurs surviennent à la suite d'une augmentation brutale de vos entraînements, diminuer la charge d'entraînement et une fois les douleurs disparues, réaugmenter de manière progressive.

Enfin, si jamais les douleurs persistent, n'hésitez pas à consulter votre kinésithérapeute afin qu'il débute un traitement et vous accompagne dans votre récupération.

Il sera toutefois déconseillé d'arrêter complètement vos activités physiques. Il vaudra mieux les diminuer jusqu'à atteindre un degrés acceptable de gêne.

Si malgré toute cette prise en charge, le problème persiste ou à tendance à revenir de manière régulier, il sera intéressant de consulter un podologue.


Jonathan Morimont




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